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Kosovo : confetti européen (Le Dessous des cartes)


Kosovo : confetti européen
Le Dessous des cartes

 

 

Les cartes et les commentaires extraits d'une émission du Dessous des cartes (24 mai 2008, Arte). Retrouvez également ces documents sur le site officiel de l'émission.

 

 

Introduction :

"Le dernier État né dans le monde est en Europe. Ce n'est pas un État comme les autres, il est limité dans sa souveraineté, il n'est pas le bienvenu pour tout le monde. Et il est encore une fois la conséquence du partage du monde post 1945. Le Dessous des Cartes en révèle les enjeux cachés."

 

 

Sept Etats issus de l'ex-Yougoslavie :

"Cette carte de la région des Balkans montre les sept Etats issus de l’éclatement de la fédération yougoslave en 1992 : la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine, et enfin le Kosovo, qui lui aussi se déclare indépendant le 17 février 2008."

 

 

Un statut spécial pour le Kosovo après 1999 :

"Le Kosovo a vécu dans un statut juridique imprécis depuis la fin de la guerre, en 1999 :
- ni indépendant car toujours sous souveraineté de la Serbie ;
- mais de facto hors de l’influence de Belgrade, puisque les armées serbes avaient envahi la province pour soutenir la politique de purification ethnique.
Après la guerre, la province a été gérée et financée par les institutions internationales :
- l’Union européenne,
- l’ONU, avec la Minuk qui a administré civilement la province.
- Et l’OTAN, dont la mission de la KFOR était de stabiliser la situation militaire.
"

 

 

La KFOR :

"Cette carte montre le découpage du Kosovo en cinq zones militaires, où sont stationnés les quelque 17.000 soldats de la KFOR : italiens, français, anglais, américains, allemand.

Le bilan de presque 10 ans de présence pour la MINUK et la KFOR, c’est un succès teinté d’échec : un succès car les armes se sont tues, il n’y a pas eu, ou presque, de reprise des affrontements au Kosovo entre Serbes et Albanais.

Mais c'est aussi un relatif échec car l’économie n’est pas relancée, et la cohabitation entre serbes et albanais n’a pas pu être restaurée. Ces deux communautés ne veulent plus vivre ensemble."

 


La minorité serbe au Kosovo :

"Le Kosovo s’étend sur 11 000 km2, soit le tiers de la Belgique, et est peuplé par quelque 2 millions d’habitants :
- des Albanais, (environ 85 % de la population)
- des Serbes (entre 5 et 10 %).
- plus quelques autres minorités.
Cette carte montre la localisation des populations.
Certains villages serbes sont totalement enclavés.
Pour les Serbes, la sécession du Kosovo n’est pas acceptable ; il vaut mieux faire sécession du nouvel Etat indépendant, et rejoindre la Serbie. Certains souhaiteraient que la partie nord du Kosovo qui est peuplée de Serbes puisse être rattachée à la Serbie immédiatement voisine.
"

 

 

Mitrovica :

"A Mitrovica, les Serbes vivent surtout au nord de la ville, et les Albanais au sud. Au centre, le pont est gardé par les troupes françaises, matérialisant ainsi la séparation complète entre les deux communautés au sein d’une même ville."

 

 

Le problème ethnique :

"La Serbie n’a pas forcément intérêt à accepter le rattachement d’une entité serbe du Kosovo. Car au nom de ce principe, il faudrait pratiquer un échange et restituer au Kosovo la vallée du Présevo, située dans le sud de la Serbie et qui, elle, est à majorité albanaise."

 

 

La population albanaise dans la région :

"Dès lors, faut-il vraiment poursuivre ces découpages de frontières en fonction d’appartenance ethnique ?
Si on regarde une carte des répartitions ethniques dans la région, on constate qu’il y a des Albanais en Albanie, mais aussi en Macédoine, où ils forment près de 25% de la population.
Tracer une frontière en fonction d’une appartenance ethnique «.cohérente.» est donc un principe explosif dans cette région mais aussi ailleurs.
"

 

 

Des risques de sécession multiples :

"Le Kosovo crée un précédent, et cet exemple multiplie les risques de sécession en Europe.
- Les Serbes de la Republika Serska, située dans la fédération de Bosnie-Herzegovine, prennent appui sur l'indépendance du Kosovo, pour envisager de demander la leur.
- Les Abkhazes, en Géorgie, qui se sont déjà autoproclamés indépendants, ont demandé en mars 2008 d'être reconnus comme tels.
- Cela pourrait donner des idées aux Ossètes du Sud, ou bien aux russophones de Transnistrie, en Moldavie, qui ne reconnaissent pas l’autorité de l’Etat moldave.
"

 

 

Les réticences de certains pays européens :

"De même, en Europe, plusieurs Etats refusent de reconnaître cette indépendance du Kosovo :
- L’Espagne n’a pas encore reconnu le Kosovo à cause de l’autonomie de la Catalogne et du problème basque.
- De même la Slovaquie, qui craint que sa minorité hongroise réclame sa souveraineté.
- Pour la même raison, la Roumanie, qui a de nombreuses minorités sur son sol, attend également avant de reconna
ître le nouvel Etat balkanique.
- Mais le premier Etat concerné est la Serbie elle-même, car c'est elle qui vient de perdre un morceau de territoire.
"

 

 

La position de la Serbie

"Non seulement la Serbie refuse de reconnaître l’indépendance du Kosovo, mais elle fera tout pour étrangler le petit Etat, et interrompre les flux : par exemple près de 80 % de l’électricité du Kosovo vient de la Serbie centrale. Belgrade ne va pas renoncer à ses droits de propriété sur les entreprises du Kosovo, ni sur le sous-sol minier.

Elle peut aussi tenter d’empêcher le Kosovo de siéger au FMI, à l'ONU, à la Banque Mondiale, ou même à l'OMC."

 

 

 

 

La Russie, alliée de Belgrade

"Par ailleurs l'allié russe de la Serbie ne va pas reconnaître non plus l’indépendance du Kosovo, et ce pour au moins trois mobiles :
- d’abord, c’est un mauvais exemple pour les petites républiques fédérées de Russie, notamment la Tchétchénie ;
- ensuite, la Russie recherche depuis plusieurs années des voies d’évacuation de ses hydrocarbures.
Pour le corridor énergétique sud, la Serbie est l’une des voies de passages que recherche Moscou.
Belgrade et Moscou ont signé en février 2008 la création d’une société mixte entre Gazprom et la société serbe Srijagas, qui prévoit la construction du gazoduc South Stream, passant sous la mer Noire - de Tuapse en Russie à Burgas en Bulgarie.
Puis traversant la Serbie, pour livrer le gaz finalement en Hongrie.
"

 

 

 

Le Kosovo et l’OTAN

"Le 3e mobile de Moscou, c’est la conviction que le Kosovo est appelé à devenir un futur membre de l’OTAN, et de fait, une base américaine se trouve déjà dans ce pays."

 

 

La base de Bondsteel

"Au moment de l’offensive de l’OTAN contre les troupes serbes en 1999, les Etats-Unis installent au Kosovo une zone de facilités militaires, Bondsteel, qui s’est au fil des années transformée en une base importante pour le Pentagone, et ceci pour trois raisons :
- d’abord, elle fait partie de l’un des redéploiements des bases américaines auparavant situées en Allemagne. Le coût de la main d’oeuvre est moindre, les employés kosovars sont beaucoup moins payés que les salariés allemands."

 

 

La position géostratégique du Kosovo

"- Ensuite, cette base de Bondsteel permet de rapprocher les forces américaines des théâtres du Moyen-Orient : Israël, Irak, Iran. Il faut savoir aussi que Bondsteel fait très probablement partie des camps en Europe ayant servi aux interrogatoires musclés hors territoire américain pour les suspects post 11 septembre.
- Enfin, le maintien de cette base permet de poursuivre avec le Kosovo l'élargissement de l’alliance militaire de l'OTAN.
Et c’est précisément ce que redoute Moscou."

 

 

L’Union européenne et le Kosovo

"Le troisième grand acteur dans cette question du Kosovo, c’est l’Union européenne. En juin 2008, l'Union européenne s’apprête à remplacer la Minuk de l’ONU, par une mission civile qui s'appelle l’Eulex.
Il s’agit de fait avant tout de construire un Etat de droit, c’est-à-dire d’aider la mise en place d’une justice et d’une police
A cela s’ajoute un Bureau civil international devant superviser l’insertion du nouvel Etat dans les institutions internationales.
L’Union européenne se pose en quelque sorte comme la garante de cette indépendance, et le vrai travail diplomatique de Bruxelles est maintenant de rassurer Belgrade, en garantissant à la Serbie qu'elle pourra rejoindre l’Union européenne dans quelque temps.
"

 

 


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