Géographie politique, militaire, urbaine, culturelle et sociale

 
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BD sur la Bosnie-Herzégovine

 

Comprendre la Bosnie-Herzégovine
par la bande dessinée

 

 

 

Présentation des bandes dessinées
Proposition d'études de planches
Proposition de séquence pédagogique

 

 

 

Présentation des bandes dessinées

- Sarajevo Tango, Hermann, 1995
- Les tramways de Sarajevo (voyage en Bosnie), Ferrandez, 2005
- Fables de Bosnie, Tomaz Lavric
- Fax de Sarajevo, Joe Kubert
- Soba, Joe Sacco
- Noël avec Karadzic, Joe Sacco
- Gorazde, Joe Sacco
- Sta ima ? Ex-Yougoslavie, d'un Etat à d'autres, collectif



Nota bene :


Soba
et Noël avec Karadzic ont été réédités en 2006 dans un même ouvrage Derniers jours de guerre (Bosnie 1995-1996).



Les tramways de Sarajevo (voyage en Bosnie) et Sta ima ? Ex-Yougoslavie, d'un Etat à d'autres ne sont pas des bandes dessinées à proprement dites. Le premier offre des esquisses de la ville, agrémentées de commentaires, et propose ainsi une balade dans la ville. Le second est un ouvrage collectif d'universitaires, journalistes et artistes spécialisés sur l'ex-Yougoslavie. Il offre de nombreuses planches de bandes dessinées "dispersées" dans l'ouvrage entre des analyses et des entretiens.

 

 

 

 


Sarajevo Tango

 

 

Un extrait de Sarajevo Tango








Les tramways de Sarajevo (voyage en Bosnie)

 






Fables de Bosnie

 

 

Fax de Sarajevo

 

 

Soba

 Joe Sacco a séjourné en Bosnie-Herzégovine en 1995 et 1996, notamment dans les villes de Sarajevo et de Goradze. De son expérience à Sarajevo, il nous livre dans cette bande dessinée son travail de journaliste et sa rencontre avec Soba. Soba est un célèbre artiste de Sarajevo, qui a préféré rester dans cette ville le temps du siège, alors qu'il avait la possibilité de la fuir pour rejoindre l'Italie, se consacrer à ses peintures et y faire une importante exposition. Au lieu de cela, Soba a voulu défendre sa ville et est devenu poseur de mines. La bande dessinée retrace la vie de cet homme de 27 ans entre les restrictions dues au siège, les périodes de combat, les rencontres avec des amis qui partent au front et n'en reviennent pas toujours, le bombardement du marché de Sarajevo, les soirées très animées dans des boîtes lors du couvre-feu et les projets de cet artiste qui veut désormais peindre la guerre. Joe Sacco se dessine comme un observateur et fait part de ses conversations avec Soba, des rêves que lui confie cet artiste, mais également de sa déchéance vers la drogue ou de son désespoir extrême quant à son avenir.

Le narrateur en aparté : "Le docteur a prescrit du repos à Soba, mais c'est fini, il retourne au front demain, ni mines pour l'instant, ni offensive, c'est le cessez-le(feu et Soba pense que la guerre va s'arrêter... Pourtant il ne semble pas s'en réjouir, il a 27 ans..."

Soba : "Ma vie est foutue. J'ai perdu les meilleures années de ma vie. Il me faudra dix ans pour m'en remettre. Je serai un vieillard."


Au fur et à mesure de cette bande dessinée, on se trouve confronté à l'expérience des habitants de Sarajevo, à leurs doutes, aux rencontres qu'ils font et à leurs amitiés, à leur façon de s'adapter au manque d'eau, aux bombardements, au couvre-feu... bref, à leur combat pour la survie quotidienne. Soba fréquentait une femme avant la guerre, une Croate. Elle est partie à Zagreb avant la guerre. Soba pense qu'il ne la reverra jamais.

Soba : "Dans cet immeuble, mon amie m'a dit qu'elle quittait Sarajevo. C'était avant la guerre. Elle sentait qu'il se tramait quelque chose. Elle est partie à Zagreb, où elle étudie la médecine. Après son départ, j'ai déprimé pendant trois mois. J'aimerais la revoir, mais je ne suis pas sûr qu'elle comprenne ce que je suis devenu. Elle n'est pas passé par les mêmes choses que moi."

Le narrateur en aparté : "Soba dit qu'il a un peu peur de quitter Sarajevo... Ici, il est le poseur de mines, la rock star, l'homme qui traverse le club Obala dans son manteau de Corto Maltese... Et elle ?"

Soba : "Elle n'est plus personne. Une réfugiée bosniaque de plus."

Dans un récit chaotique, Joe Sacco nous entraîne ainsi entre les soirées dans les boîtes, les instants du couvre-feu et les interminables moments où Soba se retrouve sur le front, à miner et déminer le terrain, à perdre des amis, des compagnons, entre crises d'angoisse et moments d'une profonde lucidité. Et l'on découvre la lutte pour le territoire, le contrôle et l'appropriation de petits morceaux de terre, à l'intérieur et à l'extérieur de la ville, tout en luttant "pour avoir une vie à peu près normale...". Et l'on découvre cette ville autrefois cosmopolite où les populations sont forcées à se déchirer et se combattre malgré elles.

Soba : "Tout le monde veut que cette guerre s'arrête... du côté serbe non plus, personne ne veut se battre... Les peuples étaient tellement mélangés. Je crois que nous avons tous perdu cette guerre."

Soba : "Ma famille était communiste, mon père musulman, ma mère serbe. Je suis incapable de haïr. J'ai grandi dans l'esprit de la politique de Tito, unité et fraternité. Les peuples doivent s'aimer les uns les autres."

Soba : "C'est triste de penser que nous ne serons plus jamais ensemble. Je voyageais partout en Yougoslavie. Je suis allé à Zagreb, à Belgrade... Tous les ans j'allais sur la côte..."

Et puis, vient la signature des accords de Dayton. La paix, enfin... "A", un ami de Soba, ne peut pas pardonner le massacre de sa famille. Tous pensent à reprendre la vie là où ils l'ont laissée. Mais est-ce si évident ? Comment se réhabituer à vivre dans une ville si différente d'autrefois. Un autrefois pas si ancien que cela... Quatre ans seulement ! Certains souffrent de stress post-traumatique. D'autres rêvent de partir. Soba dit vouloir partir, mais finalement Soba restera.


Nota bene :
Dans la réédition de Soba dans l'ouvrage Derniers jours de guerre (Bosnie 1995-1996), Joe Sacco nous livre une post-face où il nous donne des "nouvelles" de Soba (datées de novembre 2004). Soba lui a écrit et lui avoue avoir beaucoup changé. Malgré sa peur, il a voyagé, a exposé dans des galeries européennes. Il lui parle de ses difficultés dans l'immédiat après-guerre : "J'ai dû me battre pour survivre, travailler dans le déménagement, porter des meubles très lourds jusqu'au septième étage, dans la canicule. Dans ces moments-là, je me suis souvent dit que la guerre était plus facile, qu'elle était préférable à ça". Aujourd'hui, Soba ne vit plus à Sarajevo : "Je n'ai plus d'avenir là-bas, mais j'aime encore Sarajevo, et je l'aimerai toujours".

Retrouvez des photographies de Soba sur le site du Sarajevo Center for Contemporary Art ou quelques-unes de ses oeuvres (peintures, photographies, sculptures, films...) sur son site officiel.

 

 

Noël avec Karadzic

 Noël avec Karadzic est une très courte bande dessinée qui raconte la "poursuite" de trois journalistes après Mladic Karadzic lors de la Pâque orthoxe en janvier 1996. Joe Sacco fait partie de l' "expédition". Avec les deux autres journalistes, ils suivent un "tuyau" qui les amènent sur la "piste" de Karadizc, qui va assister à la messe de la Noël orthodoxe le lendemain à Pale en Republika Srpska.

Les accords de Dayton ont été signés un mois plus tôt, mettant fin au conflit en Bosnie-Herzégovine. La ligne de front est entérinée par le nouveau découpage territorial de ce pays. Au Sud, la Fédération croato-bosniaque. Au Nord, la Republika Srpska. La ville de Sarajevo n'est, elle, pas divisée selon l'ancienne ligne de front, mais fait partie de la Fédération croato-bosniaque. Les Serbes doivent céder des territoires qu'ils contrôlaient pendant la guerre.

Se met en place le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Radovan Karadzic est poursuivi pour crimes contre l'humanité. pendant la guerre, il a dirigé les Serbes de Bosnie. Il a orchestré le nettoyage ethnique. Certaines de ses déclarations restent dans la mémoire de Joe Sacco : "Les Serbes ne peuvent plus vivre avec les Musulmans et les Croates""Les Sarajéviens ne compteront pas les morts, a-t-il dit, ils compteront les survivants", "Karadzic menaçait la Bosnie d'une « descente aux enfers »"...

A la recherche de Karadzic, le narrateur nous plonge dans l'immédiat après-guerre. Et les check-points de l'ancienne ligne de front qui perdurent, mettant à mal la "libre circulation" promise par les accords de Dayton. La présence de la SFOR (la force militaire envoyée par l'ONU). La "frontière" entre Fédération croato-bosniaque et Republika Srpska, véritable frontière vécue entre des territoires qui se sont homogénéisés pendant le conflit. La ville de Sarajevo, assiégée par les forces serbes pendant la guerre, qui revient sous l'autorité de la Fédération croato-bosniaque. Et l'atmosphère des villes et villages en Republika Sprska, traversés par le trio de journalistes. Entre plusieurs rafales, le silence.

Et les journalistes finissent par rencontrer Karadzic. Qui accorde une interview. Qui assiste ensuite à la fête du Noël orthodoxe. Les journalistes observent cette scène insolite. Karadzic est calme, il se recueille. La scène internationale l'accuse de crimes de guerre et crimes contre l'humanité (le mandat international sera laancé quelques mois plus tard, en juillet 1996). En janvier 1996, malgré ces accusations, la communauté internationale le pourchasse-t-elle réellement alors que trois journalistes l'ont "facilement" trouvé pour une interview ? D'ailleurs, Karadzic est filmé, et le soir la scène de son recueillement est retransmise sur la télévision serbe de Bosnie-Herzégovine ("télé Republika Srpska"). Mais Karadzic est calme, accorde volontiers une interview. Et Joe Sacco s'étonne. Cet homme, il le déteste, c'est l'instigateur du "nettoyage ethnique" en Bosnie-Herzégovine.

Le narrateur : "Karadzic menaçait la Bosnie d'une « descente aux enfers », prévenait que sa composante majoritaire, la population musulmane, risquait de « disparaître » si la république accédait à l'indépendance et déniait à ses Serbes le droit de vivre dans une Yougoslavie désintégrée à domination serbe... « Les Serbes ne peuvent plus vivre avec les Musulmans et les Croates », avait-il déclaré, et ses forces nationalistes avaient commencé à liquider et expulser les non-serbes de leur Republika Srpska séparatiste, histoire de régler la question une bonne fois pour toutes... A Sarajevo, la ville bosniaque le plus mélangée ethniquement, où l'on comptait de nombreux mariages mixtes, il avait suggéré, magnanime, d'ériger un mur pour séparer les peuples ayant vécu côte à côte depuis 500 ans... Comme ça supposait de combattre, il a assiégé la ville avec tanks et artillerie."

Joe Sacco observe cet homme qu'il avoue détester. Il pense aux massacres, aux viols, au nettoyage ethnique, aux prisonniers torturés, aux charniers... Il se concentre même. Et s'étonne toujours plus : "Sa présence n'a rien d'intimidant. Il n'a rien d'extraordinaire, cet homme poursuivi par le Tribunal Pénal International pour crime contre l'humanité. Cet homme que je hais du fond du coeur depuis des années...". De cette rencontre insolite, dans le recueillement, Joe Sacco cherche des signes - qu'il ne trouvera - du "monstre" qu'il voit en Karadzic. Le journaliste touche ici un point crucial : la perception que les Serbes ont pu avoir de ce leader. Et nous offre également un témoignage sur la vie de l'immédiat après-guerre, au travers de quelques paysages entre Sarajevo et la Republika Srpska.


Nota bene :
En juillet 1996, un mandat international est lancé pour l'arrestation de Karadzic par le Tribunal de la Haye. Il disparaît dans la nature. Aujourd'hui, il n'a toujours pas été retrouvé, et donc il n'a pas encore été possible de le juger pour ses crimes lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine.

Pour information, un lien vers un article de 2004 sur une "descente" faite dans la ville de Pale, celle-là même où se déroule la rencontre narrée dans Un noël avec Karadzic : "Karadzic insaisissable : que fait la SFOR ?".

 

Goradze

 

 

Sta ima ? Ex-Yougoslavie, d'un Etat à d'autres

 

 

 

 

 

 

Proposition d'étude de planches

 

 

 

Proposition de séquence pédagogique

 

 

 

 


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